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Intro à la systémique
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Formation en analyse systémique : initialisation

ABIPFS : association belge pour l’intervention et la psychothérapie familiale. abipfs@abipfs.be
EFTA : european family therapy association
Fr. Kourilski – Belliard : ‘‘Du désir au plaisir de changer’’. Chez Dunod.
Maurice Berger : critères à envisager quand le jeune est dans une situation difficile et qu’il est question de placement.
Reynaldo Perrone
Neuburger : ‘‘Territoires de l’intime’’. Ed. Odile Jacob
‘‘ Nouveaux couples’’. Ed. Odile Jacob
‘‘ Mythe familial’’. Ed. ESF
Andolfi ‘‘Thérapie avec la famille’’. Ed. ESF
Revues : Cahiers Critiques, revue de l’Institut d’Etude de la famille et des systèmes humains.
Thérapie Familiale.

Introduction

Nous commençons par une présentation. La formatrice est Catherine Ghys. Elle a été avocate et a bifurqué vers la systémique pour aider les gens autrement. Elle est également médiatrice.

Qu’est-ce que les gens attendent de cette initialisation ?
- idée plus précise de comment fonctionne une famille ? (Anne)
- clés afin d’animer un groupe de parole (Sylvie)
- trouver un outil de travail (Maryse)
- comment fonctionne une famille, dans l’intervention de première ligne (Françoise)
- interaction jeune – famille … (Joan)
- connaître la base de la systémique (Julie)
- détecter dans les entretiens avec les mamans certains problèmes (Laurence)
- suite à un bouleversement familial, comment les aider (souvent père en prison suite à abus) (Caroline)
- voir au niveau théorique et agir autrement en famille (Bénédicte)
- voir l’approche, mettre des mots sur la notion, aider par la pratique (Marie-Jeanne)
- service de première ligne pour jeune, avec des demandes de la famille aussi. Voir la base, aider dans le travail (Myrilis)
- trouver un outil par rapport à la demande de la famille, ressource (Stéphanie)
- curiosité, ressource personnelle et professionnelle (Vinciane)
- connaissance de la systémique, trouver des pistes pour une réforme institutionnelle (Florence)
- comment fonctionne la famille, gestion d’une équipe (Carine)
- voir ce qu’est la systémique, voir la famille autrement (Martine)
- travail avec les parents de jeunes (-6ans) psychomoteurs, comment faire ? (Muriel)
- découvrir pour approfondir ou ouvrir l’équipe, réunion aire famille (Bernard)

Un photogramme est une manière de travailler avec les familles. Le travailleur demande aux familles de venir avec des photos de la famille (sur 3 générations). Ils vont ensuite parler ensemble de cette famille, de ce qui s’est passé. Cela va permettre en séance de thérapie de faire dire des choses entre eux, sur eux. Cela va créer un dialogue. C’est très bénéfique pour la dynamique familiale.

Le but de cette formation est une initialisation, une sensibilisation à la systémique. Il s’agit d’une formation interactive. Il y aura des exposés théoriques, des questions de la part des personnes présentes, un échange entre les gens, des exercices, des jeux de rôles… Tout cela va permettre d’intégrer les choses.

1. Axiomes de la communication

Cinq règles sont dégagées en ce qui concerne la manière de communiquer. L’école de Palo Alto vient de Californie et s’est vraiment développée à partir des années 60. Leurs actions ont été mises par écrit dans le livre ‘‘Pour une logique de la communication’’. Les axiomes sont un peu déroutants. Nous allons les voir ci-dessous.

a) On ne peut pas ne pas communiquer
Quand deux personnes sont ensemble, il y a inévitablement de la communication entre les personnes. Cette communication ne passe pas nécessairement par la parole. Cela peut être des mouvements, un regard, un silence… Le silence est également une question de communication.

b) Pour communiquer, on utilise le langage verbal et/ou non-verbal
La position par rapport à une personne est une sorte de communication. La distance entre les personnes et le thérapeute à de l’importance. En choisissant des places éloignées, le couple a pu dire qu’ils voulaient mettre de la distance entre eux car ils n’ont plus confiance.
La mimique, le teint, la position du corps, le ton de la voix… sont tous sujet à l’interprétation. Il est important d’interroger la personne sur son comportement car nous ne connaissons pas la personne. ‘Est-ce que je peux vous demander ce que vous voulez dire par…’ Le comportement est souvent inconscient. On entre plus dans l’intimité des gens. Il faut être délicat en posant la question. Cela permet d’entrer dans un autre type de langage que la parole (contrôlée). Cependant, il y a un moment pour faire les choses. Il ne faut pas poser n’importe quand la question.
Le contexte du non-verbal est important. Ce type de langage passe souvent inaperçu. Par exemple, se laver les dents en rue. Lorsque les choses se passent dans un lieu insolite, cela peut vouloir dire que la personne veut partager quelque chose.
Le verbal est le contenu de la communication. On peut faire des choses qui sont impossibles ou peu possibles sans langage. Par exemple, mettre un temps, une négation, une affirmation, un conditionnel, une absence, une abstraction… Le non-verbal permet cependant parfois de mieux montrer des émotions ou leur intensité.

c) Il peut y avoir un contenu et une relation
Tout le non-verbal va donner des indications sur le contenu : il s’agit de la réaction – relation par contenu. C’est par le non-verbal qu’on va réagir à ce que la personne dit. Le non-verbal donne des informations sur la relation entre les personnes qui communiquent.
Parfois on peut remarquer que le contenu est contraire au message non-verbal. Il y a discordance entre les deux. Si on se trouve en difficulté par rapport au message contraire, il vaut mieux en parler. Cela permet de faire remarquer à la personne qu’elle-même n’est pas au clair avec ce qu’elle dit et pense.
Il faut, en tant que professionnel, faire attention aux interprétations du contenu et du non-verbal. Il faut donc vérifier ce qu’on a compris.

d) Dans la communication, il y a de la ponctuation
Les gens ne font pas nécessairement la ponctuation au même endroit. Cela s’illustre très souvent dans les conflits. Par exemple, un couple parle d’une situation problématique. C’est une séquence d’interaction. La femme regarde la tête du mari et va parfois se réfugier dans la chambre car elle a peur qu’il réagisse sur elle sa mauvaise humeur. L’homme pense que quand il rentre, sa femme va s’en va. Il pense qu’elle a peur de lui. Cela le met dans une rage et donne envie de la frapper. Il s’agit de la même situation mais pas de la même lecture.
Quand nous sommes face à cette situation, souvent nous cherchons à savoir qui dit vrai. Mais quand on réfléchit, on peut se demander : qui sommes-nous pour dire qui dit la vérité (en tant que non-juge) ? Qu’en est-il de la personne hiérarchique ? Parfois on va donc devoir faire le juge. Il peut être utile de savoir que dans l’exposé de la problématique, les personnes ne mentent pas nécessairement dans leur récit. Elles vivent les choses différemment.
Les axiomes permettent d’aborder autrement les problèmes et de relativiser la situation. Ils permettent de prendre du recul quand on réfléchit. Si une personne change un comportement, il y a quelque chose qui va changer dans la relation. Par exemple, relation hiérarchique.
Si la personne affirme quelque chose ou dit ‘c’est comme ça’, il faut le reformuler en y mettant du subjectif. Mais il ne faut pas trop y toucher car ca peut être un moyen de protection, un point sensible. Il s’agit de la vérité objective selon la personne. Il y a quelque chose qui fait que la personne a besoin de décréter. Il faut le mettre de côté et puis par la suite, entrer en contact avec elle d’une manière non menaçante. Ces personnes ont souvent peur qu’on soit contre elles. Quand on a créé un lien, les rassurer qu’on ne va pas polémiquer sur ce point, plus tard on pourra peut-être leur demander pourquoi sur ce point-là, elles sont aussi catégoriques. Quand le lien est créé, on revient dessus. Par exemple, dodo à 9h. Qu’en pensez-vous ? On va poser la même question à tout le monde. Il faut montrer que les deux points de vue sont légitimes.
Résonance : on est bloqué dans la situation. Supervision est une bonne solution.
Impartial et neutre : on n’est pas impartial vis-à-vis des choses qui arrivent. On est multipartialité = je suis avec tout le monde et contre personne. Quand quelqu’un nous est antipathique, il faut chercher un point d’empathie.

e) Il existe des interactions symétriques et complémentaires
La symétrie est basée sur l’égalité ou la ressemblance des personnes.
La complémentarité suppose une inégalité entre les personnes ou une différence entre elles. Il s’agit souvent d’une différence de niveau ! La personne qui est dite moins que l’autre est d’accord qu’elle est moins que l’autre.
Par exemple : amis sont souvent dans une relation symétrique. Médecin est dans une relation complémentaire.
En général la relation avec quelqu’un va fluctuer. Elle n’est jamais totalement symétrique ou complémentaire. Si une personne n’est pas d’accord avec l’inégalité, c’est une relation symétrique avec un désaccord.
En début de relation avec le professionnel, il faut demander ce qu’ils attendent de nous. Comment la fonction a été imaginée par la personne qui demande de l’aide ? Ensuite il faut ajuster le discours. Cela permet d’être au clair avec eux.
Quand on est coincé dans la relation, que faut-il faire ?
- toujours symétrique : c’est comme si les deux personnes pensaient qu’elles ne peuvent pas sortir de cette relation. Cela donne les escalades symétriques et peut être source de violence non cachée dans ce cas-ci. Cette relation est étouffante. Tout le monde essaie de sortir de ça. L’autre a une réaction pour ramener l’autre à son niveau. La solution pour un tiers est d’essayer de rétablir de la complémentarité, de la différence. Par exemple, dodo à 9h ou 10h30. Il faut montrer qu’il y a une différence et non régler le problème. On va s’utiliser comme tiers pour introduire, montrer qu’il y a une différence.
- Toujours complémentaire : la relation est rigidifiée. Une personne estime que c’est juste qu’elle soit moins que l’autre. C’est une relation pathologique. C’est dangereux d’y intervenir comme médiateur car la personne opprimée va s’en vouloir intérieurement car elle trouve la situation juste.

2. Antécédents de l’analyse systémique

La systémique est une approche intellectuelle qui peut s’appliquer à tous les domaines. Elle n’est pas la seule valable mais c’est un début de regard. Cette approche sort d’une conjonction de choses, de facteurs multiples.
Après la deuxième guerre mondiale, en Amérique et en Europe, il y a le mouvement de l’anti-psychiatrie (Laing et Cooper). C’est un mouvement de réaction contre l’approche psychiatrique traditionnelle. C’est une prise de conscience parmi les thérapeutes d’enfant. Il est difficile de psychanalyser les enfants, c’est pour cela qu’il faut intégrer la famille à la thérapie. C’est difficile à réaliser. Il y avait une forme d’approche thérapeutique qu’on peut appeler linéaire. On regardait les gens comme des entités et on essayait de comprendre pourquoi quelqu’un ne va pas bien. Si le bébé n’est pas bien, c’est parce que… Ils cherchaient des liens de cause à effet. Cause A ® Effet B. Parfois c’est très efficace de penser comme cela mais parfois la cause A était finie mais l’effet B était toujours là. Il y a eu une remise en question de cette analyse.
Pendant la deuxième guerre mondiale, Bateson a écrit ‘‘Vers une écologie de l’esprit’’. Il s’intéresse aux interactions entre les individus, la relation entre les phénomènes, les personnes. Il a mis sur pieds un groupe interdisciplinaire qui a fait des recherches sur les relations dans leur domaine : service chauffage, animaux, humains, … Ils échangeaient leur données sur l’évolution de leur recherche. Au niveau psychologique, Jackson, Haley et Weakland se sont penchés sur la relation entre un schizophrène et sa maman. Le discours d’amour était en contradiction avec le comportement non-verbal de rejet. Face au comportement abhérent de sa mère (dubbelbind), comment voulez-vous que l’enfant réagisse ? Il parlait donc d’autres choses. Son comportement schizophrène avait donc un sens, il n’était pas si fou que ça. La personne a qui il faudrait aussi s’intéresser est la mère et le père (qui a sans doute les mêmes difficultés que l’enfant). Une évolution importante est celle-ci : il faut étudier le contexte dans lequel émerge la schizophrénie. Par exemple : le père demande d’aller acheter des cigarettes et la mère lui dit d’aller faire ses devoirs : l’enfant va prendre l’argent et va boire un verre avec ses copains. C’est une réaction à la contradiction des injonctions des parents.

Le groupe de recherche va s’intéresser à la cybernétique = science constituée par l’ensemble des théories relatives au contrôle, à la régulation et la communication dans les êtres humains et dans la machine. Elle a émergé dans les sciences exactes, dans un domaine voisin des mathématiques, sciences appliquées. On a, depuis la deuxième guerre mondiale, dégagé une règle concernant les interactions entre les phénomènes. Le groupe de travail a vu qu’ici on disait que dans des machines (phénomènes d’interactions) chaque élément est cause et effet de ce qui se passe dans l’ensemble. Ils sont tous acteur de quelque chose. Ils sont tous également cause et effet.
Aucun ne représente la totalité du système. Il faut tous les éléments de l’ensemble. Le groupe de travail va faire le parallèle entre la règle de la machine et le fonctionnement de l’être humain et des animaux en relation. Ils vont porter leur intérêt sur les interactions entre les éléments et aussi sur les communications redondantes (dont on n’arrive pas à sortir).
… maison® malade ® hospitalisation ® guérit ® maison ® malade …

Le cybergénéticien Ludwig von Bertalanffy a développé la théorie des systèmes. Il a commencé avant la deuxième guerre mondiale. Dans les années 60, le groupe de Palo Alto l’a intégré dans les sciences humaines.
Exercice : deux personnes dos à dos puis tout le monde se met en appui sur elles. Au fur et à mesure, le groupe bouge, tangue. L’équilibre doit à chaque fois être retrouvé. C’est la même chose dans un système. Chaque fois qu’il y a un changement, il y a un rééquilibrage à faire par tous les membres.
Pour ne pas trop souffrir, on se fâche. Dans le groupe, il y a un débat sur le couple et la souffrance.

3. Système

Guy Ausloos a développé cette idée en travaillant avec un assistant social systémicien. Il a travaillé beaucoup avec les enfants et moins avec les familles. ‘‘La compétence des familles. Temps. Chaos. Processus.’’
Il y a une éthique, il parle de toutes les familles, même les pires (abus… ). Chaque famille a des compétences. Il faut les renarcissiser, leur montrer ce qu’ils savent faire car chaque famille sait faire des choses. Un enfant a besoin d’être fier de sa famille. Il a un grand respect des êtres humains.
Un système est un ensemble d’éléments en interaction qui est organisé en fonction de son environnement et de ses finalités (du système) et qui évolue dans le temps.
Par exemple : famille en équilibre dans un contexte du quartier, de la ville, du pays, de la culture…
Le système peut être hiérarchisé. Il y a un système ouvert ou fermé. Une autre forme de contexte : socio-économique, culturel…

Journée du 15 octobre 2004

4. Lois de L. Von Bertalanffy

Ces lois peuvent être transposées à l’approche de système ouvert (aux êtres humains) selon l’école de Palo Alto. Le système ouvert est en interaction avec l’extérieur du système.
Il y a quatre lois sur le système ouvert. Les termes sont cependant peu parlant.

a) Loi de la totalité
Le système qui reste ouvert est une entité en soi. C’est un tout. Si un élément du système change, le système entier va changer, va être affecté par ce changement. Chaque élément du système est acteur dans la vie du système.
Par exemple, la naissance d’un bébé. Il faut une réorganisation de la famille. Un ado avec un nouveau comportement. Cela a un retentissement sur la vie de famille.

b) Loi de la non-sommativité
Un système est plus que la somme des éléments. Dans un système, il y a l’ensemble des éléments mais aussi les comportements de communication entre les éléments et les comportements, relation.
Le système a des finalités. C’est difficile à appliquer à la famille. Les familles ont la finalité de durer (de se reproduire), d’être un abri… Chaque famille a aussi une finalité plus particulière. Cela est souvent inconscient et s’exprime d’une façon implicite.
Le système évolue dans le temps.
Exemple d’une application pratique : la famille c’est plus que l’analyse des membres. C’est une entité en soi. Certaines comportements des membres peuvent être engendrés par la famille. Exemple du schizo de Palo Alto.
La systémique nous apprend que les choses sont complexes. Elle nous annonce que le fonctionnement du système humain est complexe. Il faut regarder chaque système comme unique et spécifique.
Le système peut être prêt à intégrer des changements. La famille a des rétroactions positives. La famille montre une réaction positive, se montre prête à intégrer le changement.
Par exemple, adolescent a une petite amie. Il ne sera plus nécessairement là pour manger au soir. Elle vient dormir à la maison et il y a un vêtement qui se retrouve dans la lessive. Comment réagir ? Frère et sœur peuvent devenir complice ou pas.
Rétroaction négative : quand le système n’est pas prêt à intégrer le changement. Ce n’est pas un jugement de valeur. Parfois le fait de ne pas accepter un changement est bon.

c) Loi de propriété des systèmes : homéostasie
Le système est pris entre deux impératifs : - système doit durer, s’inscrire dans le temps, présenter une stabilité pour accomplir leur finalité.
- système doit s’adapter à des changements qui viennent soit de l’intérieur du système, soit de l’extérieur (perte emploi, accident…)
Le système se régule. Il y a un équilibre dynamique(G. Ausloos). Comment peut-on s’assurer la permanence en faisant fasse au changement ?
Si une famille a du mal à intégrer un changement, elle a raison d’être prudente avant d’intégrer le changement et ses conséquences. (G. Ausloos).
Pour un intervenant, c’est difficile de s’imaginer toutes les conséquences qu’il y aura dans la famille. Le système prend des risques en intégrant un changement. Pour Von Bertalanffy, l’évolution d’un système procède souvent par crise. Le système perd son mode d’emploi par rapport à certains aspects. Le changement amène un désarroi.
Lorsqu’on parle de crise, on parle souvent de choses graves. En réalité, les moments de crise sont des moments dynamiques et interactifs. Dans l’idéogramme chinois, le mot crise a deux significations : danger et opportunité.

Transaction chaotique : compétence des familles, pas nécessairement consciemment (G. Ausloos). Crise : parler de l’après.

Les intervenants ont aussi une manière de percevoir la crise. Les gens sentent que je suis empathique mais aussi que je ne considère pas la situation comme catastrophique. Je suis convaincue qu’il y a un rapport. Il faut aider ou soutenir pour aller vers l’opportunité. C’est eux qui vont choisir comment régler la crise. On peut prédire une crise mais pas les conséquences. En quoi cela va mettre le système en danger ? Comment prendre les opportunités ? C’est une potentialité mais ils n’en savent rien.

Maria Selvigny (?) provoquait la crise ‘redoutée’ pour faire bouger les choses. Cela repose sur l’idée que la famille ne va pas sacrifier le membre problématique. Cela n’est pas toujours le cas néanmoins.
Il est important de travailler sur ce que tu penses de ça car notre comportement en est biaisé. Par exemple, qu’est-ce que tu crois que B penses de toi ? Qu’est-ce que vous pensez que le juge a pensé en vous envoyant chez nous ?
Il y a l’envoi et la démarche. Il est parfois intéressant d’avoir contact avec l’envoyeur. Il faut refuser la complicité entre intervenants, il faut demander des informations à pouvoir utiliser en famille sinon on ne peut rien en faire.
Les mandants forment un autre système avec la famille. Parfois on a du mal à comprendre les autres systèmes, comprendre ce qui s’est passé avant notre arrivée. Il faut travailler avec les règles des autres systèmes, rencontrer les règles. Face à la différence, on a souvent une réaction de rejet. Or c’est la différence entre nous et l’autre qui est importante. Il faut regarder les choses dans un système. Il faut se demander : on est à la rencontre de quoi ? De quel système ?

d) Loi de l’équifinalité
Un phénomène peut se produire dans un système X suite à une série d’évènements A et le même phénomène peut se produire dans une famille Y suite à une série d’évènements B.
Il faut faire attention à nos tendances à établir des analogies entre les familles différentes, parce qu’on y constate un même type de phénomène. Il faut également faire attention à nos hypothèses, car on travaille souvent par analogie. Or toute famille est unique. Les hypothèses sont à prendre avec beaucoup de prudence et en questionnement permanent. Il faut faire attention à la recherche de la vérification de l’hypothèse.

5. Choses à regarder dans les familles

Il y en a deux :

a) Règles qui existe dans les familles
Elles aident à l’organisation et au fonctionnement. Elles se sont élaborées au cours du temps.
- Il y a les règles explicites (gens énoncent dans la famille cette règle) et implicites (moins conscientes dans la famille). Ces dernières règles ne sont pas dites mais on pourrait les dire. L’intervenant peut dire à la famille qu’il a l’impression qu’il y a telle règle non dite. Suite à la prise de conscience d’une règle implicite, il y a une réorganisation de la famille. Par exemple, quand on n’est pas du même avis, c’est dangereux car cela voudrait dire qu’on ne s’aime pas.
- Il y a les règles générales (plusieurs règles de la société, par exemple organisation hiérarchique) et spécifiques (organisation spécifique de la famille). Ces dernières règles sont en lien avec les valeurs et la finalité de la famille. Elles peuvent être en lien avec les attentes vis-à-vis de certains membres. Par exemple, on attend quelque chose de la fille aînée.
En conclusion, les règles vont se modifier avec chaque changement. En période de crise, certaines règles ne sont plus adéquates et vont devoir s’en donner aux autres. Ce sont aussi des négociations laborieuses.
Il y a beaucoup de règles générales modifiées ces dernières décennies. La famille nucléaire prend plus d’importance. L’individu a plus de place que le groupe. Le couple est modifié aussi ainsi que sa fonction. (R. Neuburger ‘Les nouveaux couples’) On attend le bonheur. La durée moyenne (9 ans) n’a pas changé mais les causes d’arrêt oui : contrôle de procréation, travail des femmes…
Beaucoup de signes de changements se sont produits et ont modifié les règles. Cela bouscule aussi les règles de famille. (Ph. Caillé ‘Un et un font trois’)

b) Rituels de famille
Il y a les rituels généraux et plus particuliers. Les premiers sont par exemple : poignée de main, baptême, fête laïque, mariage, divorce, funérailles…
Ce sont des procédures anticipables qui facilitent un changement ou un passage. Il faut attirer sur la diversité des rituels et de leur importance. Parfois il est bon de voir avec la famille que cela existe chez eux. Il est toujours enrichissant de découvrir que les choses que nous faisons ont un sens. Parfois il est bien de dire à la famille d’inventer un rituel. Le rituel est toujours quelque chose de positif. Si parfois on a vécu lourdement, alors on a perdu un peu de sens. Ce qui fait peur à la famille, c’est l’inconnu.
Les deuxièmes peuvent être plus petits : lire le journal après le repas et ensuite on discute.
Il existe aussi des disputes rituelles. Cela permet de décharger la tension. Il n’y a aucune souffrance la-dedans, ça agit comme une sorte de paratonnerre. Cela a une fonction exutoire. Toutes les disputes ne doivent pas être prises au sérieux en ce qui concerne le contenu. C’est le processus qui est en jeu. On peut vérifier cela en demandant aux gens : vous êtes-vous déjà disputé la-dessus ? Pourquoi vous disputez-vous maintenant ? Ce n’est pas uniquement le contenu mais aussi le type de comportement qui est important. Il faut laisser venir les questions.

6. Trois types de questions, causalité

a) Causalité linéaire : pourquoi ?
A cause de quoi est-ce que … ? Lien de cause à effet. On cherche à savoir à cause de quoi l’effet est produit ? Cette causalité se trouve beaucoup dans l’approche scientifique.
L’inconvénient, surtout dans les tensions, est l’imputation. On tombe facilement dans les griefs, reproches. On favorise les reproches à l’égard d’autres personnes. Ce n’est pas intéressant comme dynamique. Cependant, parfois on oublie de poser ces questions.

b) Causalité circulaire : comment ?
Comment ceci se passe ? Comment vous disputez-vous ? Est-ce par des cris, froideur… C’est un renvoi vers ce qui se passe entre eux. Il y a beaucoup de variantes possibles. Il faut s’intéresser à la relation entre les gens, plus que le contenu. Il faut voir le processus relationnel. Ils doivent parler d’autres choses, de ce qu’ils vivent. Or ils n’ont pas l’habitude.

c) Causalité systémique : à quoi ça sert ?
A certains moments on peut utiliser cette causalité mais c’est difficile à poser comme question. On ne fait pas les choses consciemment. A quoi ça sert à tel moment pour votre famille ?
Cette question sert à mobiliser les gens. C’est une manière de renvoyer aux gens que quoique nous fassions, ça vient de nous. Ce n’est pas une question de faute. Le but n’est pas d’avoir une réponse mais de faire réfléchir. Souvent, à côté de l’aide concrète, il y a une demande à un autre niveau. Il y a donc de l’effet thérapeutique à ce que l’on fait.
C’est une question à poser lorsque ça coince, quand la situation se bloque. On va induire que les choses ont un sens ou qu’elles servent à quelque chose, même si cela fait un conflit.
C’est important que les familles se réapproprient leur vie, qu’elles ne s’en débarrassent pas en tant que victime.
On peut faire un lien entre les disputes rituelles et la causalité systémique.

Compétence des familles = capacité de responsabilité
Pleurs : débordent la personne, stratégie inconsciente dans son intérêt ou pour sauver quelqu’un. Notre réaction peut être différente : impressionné, énervé, touché, empathie…

7. Jeux de rôle

Quand une situation est bloquée par un NON, il faut dédramatiser en parlant de choses plus concrètes.
Il faut informer les gens sur les raisons pour lesquelles ils sont là.
Entretien : fonction de contrôle (utiliser autrement la systémique) et fonction d’aide (pas tout restituer dans le rapport, empathie)
Dans un entretien, il y a deux personnes et donc les axiomes de la communication peuvent être pris en compte. Palo Alto est un des premiers des écoles systémiques. Il est à l’origine de l’approche systémique.
Comment peut-on inciter la personne à pousser l’entretien vers une reprise ?

a) Jeu de rôle familial
Il y a l’AS dans un centre de guidance. C’est le premier entretien familial au complet sur rendez-vous. Il faut regarder l’entretien en terme d’analyse systémique ainsi que les outils d’intervention. La famille comporte les parents et un enfant hyperactif. Ils ont des difficultés à gérer l’enfant et il y a des tensions énormes entre les parents.
Comment faut-il faire ? Il faut revoir les parents seuls, s’intéresser tout de suite à l’enfant pour qu’il se sente important, qu’il sente qu’il est là et utile.
En analyse systémique, on peut remarquer que l’AS a négligé l’enfant en verbal mais pas par le regard. L’enfant a pris la place de AS. Elle peut lui proposer d’être à côté de lui au lieu d’être en face avec ses parents. La mère s’occupe tout le temps de son fils et pas le père. Il est en retrait dans l’entretien. Il faut faire attention car on peut analyser faussement ce retrait. Comment faut-il faire ici ? Il faut scinder en rencontrant l’enfant puis avec les parents. Cependant, si on sépare les personnes, ils vont peut-être mal le vivre. Cela va stigmatiser. Il faut peut-être prendre la parole avec l’enfant, lui poser des questions, le remettre à sa place, dans le milieu.
Lorsque la mère est dans l’urgence, que faut-il faire ? Inconsciemment il y a des choses qui viennent en tête de l’AS. L’enfant joue l’hyperactif car il sait que c’est lui le problème. Il faut lui donner la parole, en fait c’est un enfant obéissant.
La famille est composée comme ceci : la mère est frustrée car il n’y a pas de vrai dialogue avec l’AS. Le père est déçu par l’attitude de l’enfant car il avait l’espoir que ça se passe bien. L’enfant voulait créer l’alliance avec l’AS.

Suite aux diverses réflexions, on a recommencé le jeu de rôle.
L’AS pose la question à l’enfant de savoir s’il veut dire quelque chose. Il dit non mais il est calme. Il faudrait lui demander pourquoi maintenant il dit non. Par son comportement, l’enfant dit qu’il a l’impression d’être protégé et il a de l’empathie pour l’AS car il la sent en difficulté. Il lui donne de l’espoir.
Le professionnel doit dire qu’il est en difficulté et demander aux parents, que pensez-vous pouvoir faire ?
La mère est vexée car il est calme face à l’AS. Il y a une rivalité entre l’AS et la mère. Il faut demander aux parents pourquoi ils sont étonnés que l’enfant arrête de faire du bruit quand l’AS lui parle. Puis il faut dire que maintenant elle va parler aux parents et que ce serait bien que l’enfant écoute car lui est intéressant.

Après la pose.
Il ne faut pas annoncer directement qu’on aura un problème de temps. Il faut donner aux gens les informations qu’on a et ensuite leur donner la parole. Finalement, il faut leur dire les modalités de service.
La mère est alors soulagée car elle est aidée, secondée. Il y a quelque chose de nouveau dans la relation à trois. Il y a une rivalité par discipline et non plus quand l’enfant parle. Le père est désemparé quand l’enfant se calme. Il a l’impression que la situation est entendue. L’enfant se sentait écouté sans jugement. Il y a une vraie communication, on s’adressait à lui et on ne parlait pas en son nom. Il est important que l’enfant ait pu raconter son histoire et que les parents aient pu écouter et entendre ce qui se passe selon l’enfant.

On peut donc conclure que l’enfant a aimé qu’on s’adresse à lui. On peut se trouver en rivalité avec les parents par rapport à l’autorité. Dans cette situation, il faut demander aux parents d’exercer l’autorité ou il faut s’adresser à l’enfant. Il faut reformuler ce qui vient d’être dit puis poser une nouvelle question.
Les gens font le choix de nous montrer quelque chose. On a le droit de demander. Il y a une méta-communication : c’est une communication sur la relation.

Le fait de reformuler permet de vérifier qu’on a bien compris. Cela permet de resserrer les liens avec la personne. C’est une intervention pour moi aussi : c’est en remémorant la substance que le cerveau rebondit et trouve une question à ça.

b) Jeu de rôle médiation par C. Ghys
- reformuler et ‘est-ce que je peux vous demander…’
- vous avez fait de la place dans votre emploi du temps pour venir donc c’est quand même important pour vous.
- donner l’impression dans le discours : j’ai le sentiment que vous êtes triste…
- faire attention à la causalité : il faut montrer qu’on est impartial et donc ne pas nécessairement creuser une information
- me suis heurté à un mur. Comment avez-vous essayé de lui parler ?
- demander ce qu’ils attendent : ils doivent être en demande
- leur demander de situer les choses dans le temps
- chercher un accord entre les deux : le coupe est une personne aussi. 1+1=3
- circulation d’information est positive, quelque soit la manière (Ausloos)

Conclusion

Il existe différentes approches de la systémique en fonction de la famille, du type de difficulté et de l’intervenant.

a) Différentes causalités
Pourquoi : causalité linéaire
Comment : causalité circulaire
Sens : causalité systémique

b) Travail sur la communication
Nous avons vu les axiomes de la communication au début.

c) Approche systémique familiale
Cette approche renarcissise les familles et part de l’idée que les familles ne posent pas les problèmes, ne présentent que les difficultés qu’elles peuvent résoudre. (Ausloos)
Compétence des familles : ce n’est pas à moi à chercher la solution, c’est à eux à le faire. Mais comment ? Il faut poser les questions aux membres de la famille.
Effet : les informer, ils vont entendre ce que les autres disent. Il faut faire circuler l’information au sein de la famille. On ne sait pas où on va quand on pose cette question. On perd le contrôle de l’entretien. C’est la difficulté de l’approche.
Si une famille résiste au changement, ce n’est pas nécessairement une fuite. Cela renvoi plus au professionnel qui n’arrive pas à faire ce qu’il faut. Si la situation est bloquée, il faut dire ‘j’ai besoin de votre aide’. Il ne faut pas mentir mais le but n’est peut-être pas déclaré.

d) Compétence des familles
Il faut se détacher du regard que la famille porte sur elle-même. Souvent ils vont donner de la causalité linéaire. Il faut revisiter les liens qu’ils font et leur en donner progressivement un autre et voir ce qu’ils ont comme compétences. Il faut obliger à regarder le côté positif et intéressant de la famille.

e) Thérapeute
Il est important que le thérapeute offre différentes façons de voir sa situation. Il faut proposer aux familles d’autres lectures de leur situation que celles qu’elles connaissent.
 
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